Aller à l’école à Rome

piazza Navona

A travers cette nouvelle rubrique, je vous invite à découvrir les pensées et anecdotes de Carine, expatriée à Rome.

L’école à Rome 

Chapitre croustillant… c’est ce qui m’a donné envie de poser ces lignes sur une feuille blanche…

Quelle école choisir à Rome ?

Autre grand sujet de discussion et de préoccupation des mamans romaines, quelle école pour les enfants ? Chacune y va de son expérience, de celle de sa voisine, belle-sœur ou meilleure amie… Un vrai casse-tête.

piazza Navona

piazza Navona

 

Trois ou quatre  possibilités pour les enfants.

 

Soit l’école publique italienne, celle de quartier, de bon niveau selon la zone que l’on habite mais c’est un peu partout pareil, non ?? Gratuité absolue, tata peut aller chercher les enfants à pieds (pratique). Ils ont cours le matin jusqu’à 13h30 et ne déjeunent pas à la cantine (moins pratique). Il faut donc organiser les après-midi, car les devoirs sont souvent faits en classe… Donc, du sport. On y reviendra plus tard, car c’est là un autre volet à ne pas manquer pour une française… le sport des enfants…

 

Les écoles privées italiennes (très chères, souvent gérées par des confréries catholiques et de niveau médiocre), mais les élèves passent les différents niveaux, année après année, pourvu que le chèque suive… C’est malheureusement vrai. Le redoublement étant vécu comme une véritable tragédie, les familles paient l’établissement et ça passe… Résultat ? un vrai désastre après le baccalauréat… on voit bien le niveau économique de l’Italie…

Quand aux enfants devenus grands, ils restent en moyenne chez papa et maman jusqu’à l’âge de 40 ans… un peu par confort, beaucoup par paresse, et par manque de moyens économiques. Les Italiens ne responsabilisent par leur progéniture. Il faut les câliner le plus longtemps possible, les servir, les assister littéralement. Rares sont les Italiens qui quittent le cocon familial pour aller à l’Université… Le film Tanguy n’a pas été très bien compris par les Italiens… et pour cause.

Les écoles italiennes privées sont souvent fréquentées par les plus parvenus des parvenus et les enfants sont souvent odieux, très mal élevés (ou pas élevés du tout), ne parlent que de marques, d’iPhone 5, d’Ipad 12 et de jets privés… Leur philippin leur porte le cartable le matin jusqu’en classe, et les mamans ne se présentent à l’école que pour râler et s’insurger contre une punition forcément injuste qu’a reçue son enfant… Non mais comment un prof peut il se permettre de faire des remontrances à mon fils ? Il est payé pour accepter, sinon, qu’il change de métier. Et puis, elles ont toutes le bras long, connaissant le Ministre machin, le Directeur Bidule, le Sénateur chose…

 

 

Enfin, le choix d’une école étrangère (anglaise, allemande, américaine ou française).

Considérées comme de vrais eldorados sur l’avenir, les Italiens se saignent pour envoyer leurs enfants dans les écoles internationales. So chic !

 

Je parlerai ici de ce que je connais car mes enfants, naturellement, fréquentent l’école française de Rome. Le fameux établissement Chateaubriand, logé au cœur de la Villa Borghese. Des salles de classes parsèment le parc, des terrains de sport. Un vrai bijou. Site très atypique mais d’une rare beauté et les enfants s’y sentent bien.

 

 

L’accès se fait soit par la Grande Porte, en face du Musée d’Art Moderne de Rome, où un cordon de voitures stationne aux heures d’entrée et de sortie (8h20 le matin, 15h20 l’après-midi). Soit par la Petite Porte (villa Ruffo), côté Piazzale Flaminio, face à la Place du Peuple (Piazza del Popolo)… de nombreux touristes se hasardent à tenter de rentrer, il faut dire que c’est tentant, mais les surveillants jouent leur rôle de videurs à merveille, et seules les parents peuvent entrer dans ce lieu magique. Un enchantement et un grand privilège…

Piazza del popolo

Piazza del popolo-aller à l’école à Rome

 

Parc immense, de la verdure, des fleurs, des écureuils, des perruches envolées du zoo de Rome (à deux pas).

 

Les enfants sont accueillis de la petite section de maternelle à la terminale.

1500 élèves fréquentent Château. Les enfants des expatriés français, bien entendu, mais aussi des familles de diplomates (de l’Ambassadeur à son chauffeur) amenées à voyager et à changer de pays tous les deux ou trois ans et qui assurent leurs arrières sachant que les écoles françaises se trouvent dans toutes les grandes du monde…

Les enfants des familles italiennes ayant elles mêmes fréquenté cette merveilleuse école et d’un excellent niveau et enfin les enfants dont les parents italiens ne parlent pas un mot de français mais Château reste l’école la plus courue de Rome… là aussi, so chic…

 

Difficile d’entrer à Château, à moins d’être français, bien évidemment…Longue, très longue liste d’attente et peu d’élus pour la maternelle. Pour le primaire, c’est plus facile, il y a en effet 4 classes par niveau. 4 CP, 5 CE1, 4 CE2… Il faut jouer des coudes et des relations pour les Italiens qui souhaitent y rentrer… Autre sujet de conversation entre les mamans Romaines.

 

Des enseignants excellents, pour certains en contrats locaux pour la plupart détachés de l’Education Nationale.

 

Les fournitures scolaires ne peuvent s’acheter que dans une papeterie qui vend les produits et marques françaises. Vertecchi, une chaîne de papeteries qui a 5 points de vente dans Rome. En effet, les cahiers italiens sont différents des nôtres, pas les mêmes carreaux, pas les mêmes marges, pas les mêmes trous sur le feuilles de classeur…

Par chance, la liste des fournitures est postée sur le site web de Chateaubriand dès le mois juin, j’imprime et je fais mes courses en France pendant l’été !!! Idem pour les livres scolaires. Seule la Librairie Française de Rome les vend. Cette merveilleuse librairie attenante au Centre Culturel Français de Rome, près de l’Eglise Saint Louis des Français (place Navona). Un vrai lieu de perdition pour qui aime lire en français… C’est un peu notre carotte, à nous françaises que d’y aller… Elle  a la taille d’une grande librairie de quartier en France, mais 4 libraires français, très professionnels conseillent à merveille… quel plaisir ! Bref, pour en revenir aux manuels scolaires, je les commande en France et voyage avec à mon retour des vacances.

piazza Navona

piazza Navona

Chateaubriand dispense le programme français, auquel s’ajoutent 3 heures d’italien par semaine, ainsi qu’une heure et demie d’anglais à partir du CE1. Dense, intense, mais excellent niveau pour qui a les capacités de suivre… En effet, pas simple voire même très douloureux pour certains enfants qui ne parlent pas français à la maison… Ainsi, dès la moyenne section, les pauvres sont assistés de jeunes filles qui viennent les faire étudier deux ou trois par semaine à la maison… Tous les jours plus tard. Quel parcours du combattant, à les dégoûter des études…

 

Après la recherche de la tata idéale, les mamans sont donc à la recherche de la ‘ragazza’ idéale pour aider leurs enfants à la maison… Nombreuses sont les enseignantes qui se portent candidates… et là, c’est la guerre, la première arrivée est servie… crêpage de chignon garanti…

 

Surtout qu’il faut trouver le créneau horaire entre la fin des cours, la piscine, le tennis, le foot, le rugby, l’escrime et le poney… l’orthophoniste et les goûters d’anniversaire…

 

Autre volet amusant à observer, c’est la métamorphose de la maman française fraîchement débarquée à Rome et qui, mise à part l’inscription à l’école, n’a rien eu le temps de faire avant son arrivée précipitée due à une mutation inespérée de son époux.

 

On la reconnaît de loin, attifée comme l’as de pique, épuisée, dépaysée… Au fil des mois, elle prend confiance, rentre dans la peau de l’expat, gâtée par la générosité de la société de son mari qui prend en charge la scolarité, le loyer de l’appartement, les billets d’avion pour rentrer en France… Là, elle se transforme. Abandonnant sa jupe plissée bleu marine pour préférer le jean, les talons, la tata philippine, et oui, elle aussi, elle s’y est mise… Prenant confiance en elle, elle s’intègre doucement, mais pas facile car elle est toujours la nouvelle française de Château… il faudra du temps, mais trois ans en poste à Rome, ça passe vite…

 

Le « chateaubrianais » est la langue que parlent les enfants entre eux à l’école. Mélange savoureux entre le français et l’italien… Début du mot en français et syllabe finale à l’italienne. Dans le genre, « la poubella », « io bavardo en classe », la « machine » (voiture se dit macchina en italien)  de ma maman est en panne…

 

La fête la plus importante de Château est le Carnaval. Un char, toutes les classes déguisées suivant le thème décidé par la Direction, année après année… Un grand défile, une parade colorée et en musique pour finalement assister à la mise à feu de Mr Carnaval, grand pantin posé sur un terrain de football dans l’établissement. Le tout 100% confectionné par les élèves et leurs enseignants.

 

 

Retrouvez la suite dans un prochain billet 🙂

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