Le goûter d’anniversaire à Rome
Celia-ma nièce et filleule - anniversaire

Le goûter d’anniversaire à Rome

A travers cette nouvelle rubrique, je vous invite à découvrir les pensées et anecdotes de Carine, expatriée à Rome.

 

Le goûter d’anniversaire à Rome

Celia-ma nièce et filleule
Celia-ma nièce et filleule – anniversaire

Alors que mes enfants étaient encore dans leurs landaus et ayant déjà tissé un certain réseau relationnel, j’ai commencé à recevoir une marée d’invitations pour des goûters d’anniversaire. Chouette ! Bien que surprise par l’organisation d’un goûter d’anniversaire pour la première bougie d’un enfant, je me suis empressée d’accepter l’invitation, trop heureuse de rompre mon train-train, parc, sieste, biberon, bain et re-biberon et dodo.

Me voici donc à notre premier goûter d’anniversaire romain. D’ abord, il me fallut trouver l’endroit de la fête, pas facile quand on ne connaît pas la ville, d’autant que Rome est compliquée pour se repérer. Les sens des rues changent chaque semaine, ou chaque mois, selon les travaux en cours…

Me voilà donc devant l’adresse indiquée sur l’invitation, car oui, il y a toujours une invitation écrite. Je fus d’ailleurs surprise de noter que le goûter n’avait pas lieu chez nos amis… mais soit.

 

16h30, garée, le maxi cosy sur un bras et ma fille marchant château branlant à ma main, nous y voilà. Accueillis par la maman du petit ‘festeggiato’ (comprendre le roi de la fête), nous nous retrouvons parmi 80 enfants, parents, tatas, grands-parents, grands frères et sœurs, cousins. Bref, tout Rome était là. Les enfants étaient tous très élégants (robes à smocks, ballerines, chaussettes blanches pour les petites filles, bermudas et chemise pour les petits garçons). Les mamans toutes sur leur 31, leur 15 cm de talons, la petite robe qui va bien,  et leur brushing encore chaud… Les tatas affairées à suivre leurs têtes blondes, les mamans assises sous les parasols à papoter, à dénigrer, à s’amuser…

 

Une villa louée pour l’occasion, un buffet digne d’un banquet de mariage, des animateurs, des ballons, de la musique, des clowns, des structures gonflables. Luna Park version élégante, le Jardin de l’Acclimatation privatisé. Je ne savais plus où donner de la tête.

Je remis le petit cadeau à la maman qui s’empressa de l’abandonner négligemment sur la table prévue à cet effet. 350 autres paquets l’y attendaient. Elle prit soin de me demander si j’avais bien indiqué mon nom sur le papier cadeau pour être certaine de pouvoir remercier par la suite… me dis-je. Quelle délicatesse !

Et nous voilà partis dans cette jungle gaie, colorée, bruyante, à ne pas savoir où donner de la tête, ni des yeux ni des mains, ni des pieds. J’étais épuisée au bout de 5 minutes. Tout le monde se salue, les enfants courent partout, on les perd de vue, des pleurs, des cris, des mamans hystériques, de tatas débordées… Bref, le chaos intégral.

Vers 19h15, après des spectacles de marionnettes (teatrino), les animateurs ont annoncé l’arrivée du gâteau d’anniversaire. Ouf ! Moi qui rentrais en panique à l’idée que les enfants ne prendraient pas leur bain à l’heure habituelle, que le biberon serait retardé, que le dîner allait être décalé… bref, enfin, le gâteau. Alors là, in-cro-yable. Une pièce montée genre mariage pour 600 personnes. Le prénom de l’enfant écrit en rose dragée à la base et une bougie, la bougie de 1 an. Tout le monde applaudit, se précipite sur la part de gâteau qui leur revient, un bisou à la sauvette à la maman qui avait organisé le petit goûter d’anniversaire et hop, en voiture, direction la maison. Mais avant de partir, les animateurs ont pris soin de remettre à chaque invité€ leur carte de visite, genre flyer avec leurs coordonnées et un cadeau d’au revoir (ballons, porte-clés, crayon, serre-tête… au choix de la maman).

Je suis rentrée à la maison, épuisée et stressée. Les enfants s’étaient évidemment endormis dans leurs sièges au bout de 2 mètres et voilà… pas de bain, pas de dîner, une nuit agitée en perspective because biberon pas calé…

Mais j’avais enfin assisté à mon premier goûter d’anniversaire à la Romaine. Ce serait le premier d’une longue, très longue série… Environ 3 par semaine pour les premières années, et puis 5 à 6 par mois par la suite, dès le début de la maternelle…

 

Je me suis demandée, au calme, si ce feu d’artifice (il ne manquait d’ailleurs que lui, mais il faisait encore jour…) était un cas isolé, que les parents qui nous avaient si chaleureusement invités étaient juste milliardaires..

 

Habitant en effet dans le quartier Parioli, le quartier chic et extrêmement privilégié de Rome, près de la Villa Borghese, j’en ai conclu que oui, ce conte de fée (bien que too much de mon point de vue et si différent des petits goûters « à la française ») était exceptionnel.

Le prochain arriva très vite après. La même chose, les mêmes invités, les mêmes animateurs, les mêmes mamans, les mêmes enfants, les mêmes tatas, le même buffet, le même gâteau… Quel que soit le niveau social, les possibilités économiques on mise tout sur le goûter d’anniversaire de ses enfants. J’ai alors compris que les parents profitent de cette occasion pour convier en grand nombre, rendre des invitations, mélanger tous les genres, réunir des personnes qui ne se connaissent pas entre elles (« école, amis du parc, parents, voisins…), des enfants que le ‘festeggiato’ n’a jamais vu dans sa vie et ne reverra certainement pas (sauf à la prochaine fête, puisqu’on reprendra les mêmes et on recommencera tout pareil).

 

Qui organise dans son appartement (si la superficie le permet), qui loue une villa, qui squatte le jardin des grands-parents. De toute façon, il faut que ça se fasse, que ça se voit, qu’on s’en souvienne et surtout qu’on en parle après…

 

Mon agenda commença donc à se remplir rapidement, les idées de cadeau devaient fuser dans ma tête, faire preuve d’imagination sans se ruiner, pas facile…

 

Arriva alors l’anniversaire de ma fille, 3 ans. Je devais rentrer dans le moule moi aussi, sinon, gare aux commentaires et aux critiques feutrées…

Je me mis donc en quête d’un lieu original et inspiré de mes origines ‘françaises’. Après de nombreux repérages, et visites en tous genres (il était hors de question que j’organise un goûter à la maison, trop d’invités sur la liste), je jetai mon dévolu sur le théâtre des marionnettes de la Villa Borghese, genre Guignol de=u Jardin du Luxembourg. Capacité, 70 enfants, goûter organisé par les propriétaires, rien à faire. J’étais d’ailleurs très orgueilleuse car personne n’avait jamais loué ce lieu avant moi… Et toc ! Par la suite, j’ai reçu des dizaines d’invitations pour aller aux marionnettes ! Et re-toc !!

La liste d’invités était impressionnante. Les amis, les vrais, les enfants qui nous avaient invités, les amis des amis, les relations de parc, les camarades de maternelle (toute la classe, au point où on en est…). J’ai fabriqué les invitations moi-même, toutes écrites à la main. Je me suis donc préparée et géré les réponses comme pour un mariage, identique.

 

E Jour J arriva enfin. J’étais aussi stressée que le jour de mon mariage. Va-t-il pleuvoir ? Tout le monde sera là ? Et si le buffet ne suffit pas, et si les enfants ont peur des marionnettes, et si, et si…

 

Tous fin prêts, beaux comme des princes, nous arrivâmes aux ‘Burratini di Villa Borghese’. Tout était parfait. Le buffet, les serviettes, les assiettes, les verres assortis…les fleurs, les ballons…

Les invités arrivèrent en transhumance, m^me ceux que je n’attendais pas. Total : 85 personnes. Les cadeaux affluaient, je ne savais pas où donner de la tête. Succès intégral. Compliments de tous sur le choix du lieu, sur la qualité du buffet, sur le spectacle, sur les animateurs qui ont fait joué les enfants. Bref, carton plein !!!

 

Je rentrai à la maison, nous fîmes 4 voyages avec mon mari pour rapporter les 85 cadeaux… Ma fille avait les yeux écarquillés, entre la fatigue et la montagne de présents… Je lui expliquai qu’elle en ouvrirait deux ou trois par jour, afin de mieux apprécier le cadeau, de pouvoir en profiter en pensant à la personne qui le lui avait offert…

 

Le lendemain, cinq coups de téléphone et 3 SMS de remerciement. Pas un de plus… C’est comme ça à Rome…

 

Les cadeaux étaient jolis et choisis avec goût pour certains, horribles pour d’autres…

 

C’est alors que j’ai appris une nouvelle parole, un concept sorti du néant… et pourtant très pratiqué à Rome : le recyclage (celui des cadeaux, pas le tri sélectif pour la protection de l’environnement, non non !!).

 

 

 

Retrouvez la suite dans un prochain billet 🙂

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sylvia

Je partage sur ce blog voyage mes retours d'expérience, mes anecdotes, mes adresses, mes conseils et mes bons plans. Ps: Je vous donne la parole à travers les commentaires, la rubrique courriers des lecteurs ou via des articles invités. N'hésitez pas à me faire part de vos bons plans ou de mises à jour sur les destinations présentées.

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